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Twitter n'a plus envie de gazouiller : nouveau monstre ou futur marié ?

Twitter-chirp Twitter a démontré une fois de plus son croissant pouvoir d'influence avec plusieurs annonces aussi intéressantes que dérangeantes lors de Chirp (gazouiller en anglais), son premier évènement dédié aux développeurs d'applications liées à Twitter via son API. Mais plus que de code il fut finalement bien plus question de business.

Entre le lancement des Promoted tweets (leur première tentative de monétisation via un système direct de publicité), de nouveaux accords avec Google (dont le presque inutile Follow Finder et la recherche en temps réel dans le passé), le lancement de son propre url shortener, l'achat de tweetie (un client pour mac et iPhone), l'annonce du prochain lancement d'une version Androïd, le développement officiel de la géolocalisation (Foursquare tiens-toi prêt), et le passage de la barre des 100.000.000 d'utilisateurs (combien de spam au fait ? 30% ? 40% ? 50+% ?) pour calmer les sceptiques, je trouve que nous avons désormais de solides raisons de se demander si les petits gars de chez Twitter vont continuer à gazouiller bien longtemps.

Il y a bien évidemment une double interprétation de ma part dans ce terme "gazouiller" et je vais m'empresser de l'expliquer.

Premièrement on pourrait tout d'abord considérer que Twitter veut tout simplement s'affirmer et laisser de côté son aspect gentil petit oiseau bleu ou grosse baleine bien sage. En contrôlant les développeurs (Apple-like ?), développant ses propres clients sur chaque plateforme (Google-like ?) et ayant son propre système de publicité (Facebook-like ?), Twitter est tout simplement en train de construire un ecosystème propriétaire potentiellement très puissant. Les stratégies web de Yahoo! ou Microsoft laissant de plus en plus dubitatifs, Twitter a surement envie de devenir bien plus qu'un buzz et de croquer sa part du gâteau.

On peut également penser que Twitter, ou plutôt ses créateurs et ses investisseurs sont tout simplement en train de construire la plus belle catapulte spéculative de ces dernières années digitales. Environnements propriétaires, publicité, massivité, tout y est pour attirer les gros poissons. Microsoft, qui n'a finalement pas racheté Yahoo!, pourrait par example être particulièrement prêt à lâcher quelques centaines de millions de USD. Google dont le Buzz et la Wave ont montré les limites de la bête (à quand remonte le dernier lancement de Google qui vous ait réellement impressionné ?) et pourquoi pas Apple (dont la stratégie web est toujours aussi peu lisible) ont largement les capacités financières pour avaler le petit oiseau.

Dans un cas comme dans l'autre Twitter vient de passer un cap aujourd'hui, 3 ans après son lancement et pourrait nous réserver encore bien des surprises, comme nouveau monstre ou comme futur marié. Dans tous les cas la baleine semble bien vouloir devenir requin.

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