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Les experts du Web, ces nouveaux garagistes

Lexexperts Mon retour en France il y a désormais 6 mois fut l'occasion de me replonger dans cette écosystème des professionnels du Web en Europe. 4 ans après l'avoir géographiquement quitté (laps de temps conséquent à l'échelle du web), je pensais naïvement constater de nombreux changements dans le comportement de certains professionnels de la profession.

Depuis 2000, date à laquelle j'ai commencé mon expérience dans le e-commerce, j'ai pu de nombreuses fois m'énerver ou rire en écoutant ces gourous, ces experts du web, qui se dressaient sur les tribunes publiques pour partager leur grande expérience des problématiques web qu'ils avaient appris du haut de leur 3 formations courtes. Je me souviens également des grands défendeurs du logiciel libre critiquant ouvertement le business model de l'ogre de Redmond tout en facturant des taux horaires hallucinants de maintenance des solutions gratuites qu'ils avaient installé (le vrai business model de nombreux acteurs du monde libre).

En 2006 je suis parti en Amérique Latine. Là-bas, j'ai pu entendre ces mêmes gourous et pensait qu'ils disparaîtraient peu à peu avec la structuration du secteur. A défaut de disparaître, ils se multipliaient, boostés par des réseaux sociaux qui leur permettaient d'exister à la face du web.

Puis je suis revenu en France, en juillet dernier. Désireux de reconnecter avec le milieu, je redécouvre, je cherche, j'écoute et je vois qu'ils sont toujours là. Entre ceux qui vantent l'utilisation de leur CMS propriétaire (mauvaise copie de nombreux CMS reconnus), ceux qui prônent l'utilisation de Wordpress mais qui sont incapables de gérer un serveur ou les bases du SEO, ou encore ceux (les plus nombreux ?) qui se déclarent experts en Social Media, je vois que le secteur est encore et toujours rempli de garagistes.

Je tiens à préciser que je n'ai rien de particulier contre les garagistes mais certaines expériences personnelles tendent à me faire penser que certains abusent tous simplement du manque de connaissance de leurs clients pour négliger leur travail. Je ne connais presque rien en mécanique, la grande majorité des clients du web (PME ou multinationales) ne connaissent presque rien des CSS, SEO, MySQL et autres acronymes qui nous sont si familiers. Il est hélas alors presque facile de profiter de cette supériorité de savoir (supériorité se résumant parfois à la lecture de 3 blogs et la présence à 2 formations) pour délivrer un travail baclé, sans qualité ni valeur ajoutée.

Oui je sais, ce post n'apporte rien de nouveau, n'est pas propre aux métiers du web et sera certainement encore valide dans 10 ans. Mais je n'y peux rien. Depuis 10 ans déjà, je ne peux m'empêcher de sentir la moutarde me monter au nez chaque fois que l'on me raconte l'histoire d'un de ces clients qui a eu la malchance de tomber entre les griffes d'un expert.

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