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Spotify cède aux Majors, Amazon les défie, Google doute, Apple attend

Amazon majors cloudL'actualité des sites de musique en ligne fut bien mouvementée ces derniers jours, avec en ligne de mire la quête de la rentabilité pour les uns et la lutte pour le lancement d'un service de Cloud Streaming pour les autres. Mais la différence de pouvoir dans ce rapport de force avec les Majors est assez flagrante entre les acteurs d'un secteur qui a encore une fois du mal à définir ses règles du jeux.

Spotify vient de l'annoncer officiellement sur son blog. Son offre Open gratuite subit une cure d'amincissement réduisant le temps d'écoute à 10h par mois (20h auparavant) et l'écoute d'un titre à 5 reproductions maximum. On retrouve via ces deux points, la mise en place des exigences exprimées par les Majors lors du dernier Midem de Cannes (dont les célèbres tweets de @Pascal_Negre d'Universal Music). Cette obéissance est sans doute doublement stratégique pour Spotify. Elle intervient au moment même où elle cherche à rentrer sur le marché US et négocie donc les licences avec ces mêmes Majors. Elle incite ensuite les utilisateurs à souscrire à l'offre Premium, seule source de revenus viable pour les sites de Streaming On Demand (j'en sais quelque chose de part mon expérience avec SonidoLocal en Amérique Latine). Certains y verront l'officialisation des limites du modèle Freemium tant médiatisé, j'y vois surtout une illustration de la soumission des services de musique aux détenteurs de contenu, l'offre musicale accessible sur un site de streaming étant une condition sinequanone pour attirer les utilisateurs.

Quelques jours auparavant, Amazon prit tout le monde de court avec le lancement de son Cloud Drive, solution permettant à tout un chacun d'uploader gratuitement 5 Go de musique et de l'écouter légalement depuis n'importe quel PC, Mac ou smartphone habilité et connecté à Internet. On peut même avoir le droit à 20 Go gratuitement si on achète un album sur la boutique d'Amazon MP3 (5.99 USD). On attendait Google et Apple sur ce créneau et c'est finalement Amazon qui a tiré le premier sur ce que je considère comme le futur des solutions d'écoute de musique en ligne (je reviendrai sur ce point précis dans un tout prochain post). La réaction des Majors, qui ne reçoivent ici pas un seul dollar, ne s'est pas fait attendre et condamnent cet affront. Amazon leur a très aimablement répondu par une lettre qui a déjà fait le tour du web. Des rumeurs de réunion au sommet sont actuellement diffusées et la tension risque d'être à son comble. Amazon campe sur le fait qu'ils ne propose qu'un disque dur externe en ligne et ne devraient donc pas s'acquitter de licences. Une bataille juridique risque de s'engager, même si je doute que les Majors qui cherchent désespérément une alternative à l'iTunes Store d'Apple s'engagent sur une voie qui au final risque de prendre quelques mois (années ?) et leur faire perdre un précieux allié.

Google, en plein dogfooding d'une offre équivalente à celle d'Amazon, semble douter de la position à adopter. Des rumeurs contraires nous laissent à penser que tout le monde n'est pas d'accord au sein du géant du search. Les ingénieurs semblent désireux de suivre la politique de défiance d'Amazon et de lancer au plus vite leur offre, le département juridique semble plus enclin à un système de licence. Cet épisode représente sans nul doute l'un des premiers défis de Larry Page depuis ses nouvelles fonctions de CEO.

Apple enfin, sûr de sa position dominante via l'iTunes Music Store, n'a pour l'instant pas donné sa position mais les rumeurs tablent sur un lancement imminent (le 5 mai ?) d'un service de cloud streaming via le relooking de MobileMe. Mais n'ayant pas la pression d'une date de lancement officielle, on peut parier que iSteve attendra certainement de voir les avancées d'Amazon et de Google avant de lancer son offre.

On peut clairement voir dans ces différentes positions que les Majors, qu'on le veuille ou non, sont au centre de l'évolution des offres de musique en ligne. Le vrai changement réside à mes yeux dans la défiance d'Amazon. En effet nous fûmes trop souvent habitués à voir les sites de streaming baisser l'échine face aux majors de par leur dépendance contractuelle. Aujourd'hui, Amazon, Google ou Apple ont bien plus de poids qu'un Spotify, Deezer ou Pandora dans le rapport de force aux majors, et celui-ci pourrait bien s'inverser. Enfin soupire l'utilisateur...


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